mardi 16 juillet 2013

Sofiprotéol

2 articles intéressants

Enquête

Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains

Par Agnès Rousseaux (22 juin 2011)
Basta ! a enquêté sur un empire méconnu mais tentaculaire, du nom de Sofiprotéol, leader français dans les huiles de colza, de tournesol ou de soja. Fonds d’investissement aux multiples filiales, Sofiprotéol préfigure une agriculture au service quasi exclusif de l’industrie pétrolière et chimique. Cette « pieuvre verte » est dirigée par Xavier Beulin, actuel président de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, qui a l’oreille du pouvoir. Si ce modèle se développe, l’agriculture de demain servira-t-elle encore à nourrir le monde ?



Reportage FR3 sur Sofiprotéol





Intervention de Philippe Tillous-Borde, Directeur Général de Sofiprotéol, au colloque "La dimension stratégique de l'agriculture" du lundi 7 novembre 2011


Quelques extraits :

L’originalité de la démarche de Sofiprotéol, c’est d’être partenaire du monde agricole, essentiellement, mais aussi partenaire des politiques en place, quelle que soit leur appartenance partisane. Les intérêts sont tellement importants sur le long terme que ce partenariat doit transcender les enjeux politiciens. L’entreprise elle-même doit avoir une politique beaucoup plus responsable, beaucoup plus citoyenne, axée sur le développement durable.
C’est ce que nous avons cherché à faire depuis la création de Sofiprotéol par une organisation en filière de nos interventions depuis le producteur, jusqu’au produit fini, là où il y a le plus de valeur ajoutée. C’est ce que nous avons également cherché à faire par de l’investissement à long terme. Ce n’est pas la recherche du profit à court terme qui nous guide mais le souci de l’intérêt général.
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C’est aussi la contractualisation. Ce n’est pas une nouveauté. Les contrats existent depuis fort longtemps entre les acteurs des marchés agricoles. Mais la contractualisation telle que je l’entends, à laquelle on essaie aujourd’hui d’éveiller le monde agricole et le consommateur, introduit une nouvelle forme de contrat qui permet de mieux amortir les prix entre l’amont et l’aval, entre le producteur et le consommateur. Ce n’est pas simple quand on a, comme en France, une grande distribution très organisée et très puissante.
Cette nouvelle contractualisation fait aussi intervenir des critères de durabilité, de traçabilité sur les produits.
C’est une nouvelle approche qui peut à la fois répondre au problème de la volatilité des prix, mieux définir le besoin du consommateur, la qualité des produits, et surtout promouvoir le respect de l’environnement, souci naturel de tout producteur agricole digne de ce nom.  

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Sofiprotéol, c’est aussi le Diester, biocarburant. Sur ce point, je diverge un peu avec mon ami Hochart. Il a raison de dire que ces productions, en tout cas dans une première étape, doivent être quantifiées. C’est ce qu’a fait l’Union européenne en fixant, à l’horizon 2020, à 10% la part de l’énergie renouvelable dans l’énergie transport. Le biodiésel, le Diester, fait partie de ces 10%. Un maximum de 7% des surfaces agricoles européennes sont dédiées aux productions transformées en biocarburant. Mais une graine de colza, une graine de tournesol, ne recèle que 40% ou 42% d’huile. Le reste, c’est de la protéine, du tourteau dont nous avons besoin pour nos élevages (ruminants, vaches laitières, porcs). Notre vrai challenge était non seulement de diminuer les émissions de gaz à effet de serre par cette énergie renouvelable transport (7% dans tout le gasoil français) mais surtout de permettre aux éleveurs de trouver le complément protéique dont ils ont besoin à proximité plutôt que d’importer du tourteau de soja (sans entrer dans le débat sur les OGM) du Brésil ou d’Argentine. Cette politique des protéines est un succès (en 2000 nous étions à 75% dépendants des importations, ce chiffre est tombé aujourd’hui à 50%), ceci pour le plus grand bien des agriculteurs et des éleveurs.
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Nous pensons que de telles initiatives, de telles entreprises doivent intervenir aussi dans la génétique. Nous sommes partenaires de la plupart des sélectionneurs européens, des sociétés comme le groupe Euralis Semences, RAGT génétique, Limagrain…. Je n’ai rien contre les multinationales mais nous essayons plutôt de soutenir les gens qui apportent de l’emploi sur notre sol parce que je n’oublie pas que cette agriculture qu’on qualifiait autrefois de pétrole vert est une source d’emplois sur notre territoire, d’autant qu’elle est associée à des industries qui ne sont pas délocalisables. Pour produire de l’aliment composé pour l’alimentation animale, nous avons besoin des céréales du territoire, de tourteau de colza du territoire. Nous n’allons pas importer ou envoyer nos usines à l’autre bout de la planète. 


Article complet :
http://www.fondation-res-publica.org/Le-role-de-l-industrie-agroalimentaire_a640.html



 


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